Témoignages - Cancer de l’ovaire

Vous trouverez ici les témoignages, les idées et les opinions de patients individuels. Votre situation peut être complètement différente. Par conséquent, toutes ces idées ne vous aideront peut-être pas tout de suite.

Marianne

Marianne, 54 ans, face au cancer des ovaires « On ne choisit pas ce qui nous arrive, mais on peut choisir comment on le vit »

  • « Oui, on a un cancer, mais on n’est pas que la maladie. »
  • « Je suis devenue un peu plus bienveillante envers moi. Si je n’ai pas la force de tout faire aujourd’hui, ce n’est pas grave. Je le ferai demain. »
  • « Quand on vit quelque chose comme ça, on découvre qui reste, qui prend le temps. »
  • « Il faut continuer à faire les choses qu’on aime, même différemment. »

Un diagnostic tombé sans prévenir

Un jour de janvier, Marianne ressent une douleur vive sur le côté droit.« Un peu comme une crise d’appendicite », raconte-t-elle. Le soir, la douleur devient telle que son mari, inquiet, la conduit à l’hôpital. Quelques examens plus tard, la médecin de garde revient avec les résultats du scanner.

 

Elle m’a demandé : vous pensez à quoi, madame ? J’ai répondu : une appendicite. Elle m’a dit : non, madame, vous avez une masse tumorale maligne qui a envahi tout votre abdomen.

 

Son mari devient livide. Marianne, elle, garde son calme.
Je lui ai dit : oui, j’ai un cancer, et alors ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Pleurer ? Non. Mon objectif, c’était de le mettre dehors le plus vite possible.

Comprendre, traiter, attendre

Les examens ont confirmé que j’avais un cancer des ovaires au stade 3, grade C. J’ai subi une laparoscopie, puis j’ai commencé la chimiothérapie, une séance toutes les trois semaines.

 

Après trois cycles, le scanner n’a montré aucun progrès.
Mon oncologue a décidé d’ajouter une immunothérapie2 pour renforcer la chimio. La chirurgie, envisagée au départ, a été abandonnée : trop risquée.

 

Et finalement, ça a commencé à bouger. Avec l’immunothérapie, les masses ont régressé. On a arrêté la chimio et poursuivi uniquement ce traitement.La différence s’est sentie très vite : avec la chimio, je ne pouvais pas rester debout plus de vingt minutes. Maintenant, je peux cuisiner pendant deux heures.

L’équipe médicale, un appui discret mais essentiel

Au fil des traitements, Marianne croise de nombreux soignants.

 

Dès le début, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont aidée : une psychologue, une assistante sociale et une esthéticienne. L’esthéticienne m’a expliqué que la chimio abîme beaucoup la peau et les ongles. Elle m’a conseillé de bien hydrater, d’éviter les dissolvants à base d’acétone, et de mettre du vernis au silicium pour protéger la kératine.

 

Depuis, c’est devenu un rituel. Prendre soin de moi, c’est important. Ça fait du bien au moral, ça aide à rester soi, à rester femme.

Retrouver du souffle dans les gestes du quotidien

Entre deux traitements, j’essaie de continuer à faire ce que j’aime. J’ai travaillé vingt-cinq ans dans la pâtisserie. J’adore ça. C’est ce qui m’aide à garder de l’énergie, à me dire : allez, on continue.

 

Mes chiens, mes chats, mon lapin… ils font partie de mon équilibre. Ils demandent de l’attention, et ça m’oblige à bouger, à m’occuper d’autre chose.

 

Je suis devenue plus bienveillante envers moi. Si je n’ai pas la force de tout faire aujourd’hui, ce n’est pas grave. Je le ferai demain.

Le soutien, au coin de la rue

J’ai des voisins formidables. Pendant les chimios, ils passaient me voir, laissaient un mot, un plat. Parfois, ils venaient boire un café, juste pour discuter. C’est pas grand-chose, mais ça touche énormément.

 

Quand on vit quelque chose comme ça, on se rend compte qu’on n’est pas seul. On voit aussi qui reste, qui prend le temps.

 

J’ai aussi des amis à Namur et à Bruxelles. On ne se voit pas souvent, mais les coups de fil font du bien. Quand on se sent soutenue, ça change tout.

Prendre soin de soi, autrement

Avant le diagnostic, j’avais commencé des soins dentaires que j’ai dû reporter. Ces derniers mois, j’ai décidé de reprendre le processus, même si cela demande du courage et un peu de patience.

 

J’avais une bouche en mauvais état, et j’ai voulu me sentir mieux, repartir à zéro. Ce n’est pas facile, mais c’est pour la suite, pour après.

 

L’été dernier, j’ai arrêté de porter ma prothèse capillaire : il faisait trop chaud, je ne la supportais plus.La première fois que je suis sortie tête nue, la libraire m’a dit : « Vous êtes beaucoup mieux comme ça. » C’est tout bête, mais ça m’a fait plaisir.

Être soi, malgré la maladie

Oui, il m’arrive d’avoir peur, mais je ne veux pas qu’on me voie seulement comme quelqu’un de malade.

 

Elle veut continuer à vivre, à rester présente pour son mari, ses proches, ses animaux, et pour elle-même.

 

Oui, on a un cancer, mais on n’est pas que la maladie. On est toujours soi, avec nos joies, nos moments de doute et nos envies.

Un message pour les autres

Je voudrais dire à celles qui passent par là qu’il ne faut pas avoir honte. Ni de son corps, ni de la maladie. Il faut continuer à vivre, à faire les choses qu’on aime, même différemment.

 

Pour moi, le plus important, c’est de ne pas s’oublier.

 

Pourquoi c’est important de se sentir jolie ? Parce que ça fait du bien au moral, simplement. Se pomponner, prendre soin de soi, ça fait du bien, ça aide à rester femme.

 

Il y a des jours où ça va, et des jours où ça ne va pas. Mais il faut garder le moral, penser à ceux qu’on aime.

On ne choisit pas ce qui nous arrive, mais on peut choisir comment on le vit.

Liliane

Liliane a 69 ans. Elle a subi un traitement contre le cancer des ovaires et se sent de nouveau très bien.

  • Diagnostic posé lors d’un contrôle de routine
  • Une chimio préventive a été réalisée après l’opération
  • Son message : faites régulièrement un contrôle. Et continuez à profiter de la vie.

C’est une tumeur

Fin février, il y a dix mois maintenant, j’avais rendez-vous chez la gynécologue pour mon contrôle bisannuel. Je n’avais encore jamais rien senti, mais on m’a découvert un kyste sur l’un de mes ovaires. La gynécologue s’est entretenue un moment avec une collègue et elles n’ont laissé aucun doute. « C’est une tumeur, » ont-elles dit, « mais on ne sait pas encore si elle est maligne. » J’ai ensuite passé une IRM et elles ont décidé de m’opérer. On allait me retirer l’utérus et les ovaires, avec peut-être aussi le surplus de peau et éventuellement les ganglions le long de l'aorte. Trois semaines plus tard, j’ai subi une opération et il s’est avéré qu’il fallait tout enlever.

Chimio préventive

Après l’opération, la gynécologue m’a dit que tout avait été retiré, mais puisque certaines cellules étaient invisibles à l’œil nu, ils ont décidé de me faire suivre une chimio à titre préventif. Deux semaines après la première séance de chimio, j’ai vu qu’il y avait plein de cheveux dans mon peigne. Quelques jours plus tard, je suis allée chez le coiffeur pour tout raser. C’était un moment très émouvant, car en tant que femme, on prend grand soin de ses cheveux. J’ai alors décidé d’acheter des bonnets, en différentes couleurs pour les assortir à mes tenues, car je ne voulais pas de perruque.

Un grand C sur le front

Au début, je ne réalisais pas vraiment. C’était comme si je me baladais soudainement avec un grand C écrit sur le front : j’ai un cancer. Mais peu à peu, on commence tout de même à digérer le verdict, avec sa famille. Mais l’accepter ? Non, ça non. Je devais céder le contrôle et c’est ce qui a été le plus difficile pour moi. Je ne pouvais plus faire que ce qu’ils me disaient.Lorsque j’ai entamé ce parcours, j’ai pris la décision de tenir un journal, dans lequel je pourrais noter mes sentiments. Je voulais pouvoir m’en libérer en écrivant. Ça m’a fait du bien, même si je pouvais aussi en parler avec mon mari et mes enfants.

Rester active

Au début, j’étais  souvent fatiguée, mais ça va déjà mieux et je recommence à marcher un peu. Durant le traitement, dans la mesure du possible, j’ai toujours continué de faire ce que j’aime. Je m’occupais des petits-enfants, j’allais les chercher à l’école… Les gens pouvaient voir que j’avais un cancer. Après tout, ça fait partie de la vie. Je ne voulais pas me cloîtrer, je voulais voir du monde. J’ai vraiment besoin de ça. Je suis très sociable, active dans toutes sortes d’associations et j’aime toujours être de la partie. Il y avait juste le vélo : j’aime beaucoup en faire, mais j’y arrivais moins. Mais parfois, je me sentais tout de même suffisamment en forme et quand il faisait beau, je faisais des sorties d’une quarantaine de kilomètres. Je vis au jour le jour, disons. J’ai même passé une semaine de vacances en Espagne, avec les enfants.

Pour ma part, je suis guérie

Il y a un mois, j’ai fait un PET-scan. L’oncologue a dit que tout allait bien et que je n’avais plus besoin de traitement. Je dois y retourner pour un contrôle dans trois mois, puis ce sera tous les six mois. J’ai l’impression d’être guérie, mais au fur et à mesure que la date du prochain PET-scan approchera, je serai sûrement de nouveau un peu plus inquiète. J’espère juste qu’ils ne trouveront rien. Je me sens bien, je ne me sens pas malade, mais j’essaie d’y penser le moins possible.

Garder un état d’esprit positif

Je me trouve aussi changée. C’était un parcours très émouvant et je me rends désormais compte qu’autrefois, je pouvais parfois être sèche avec les gens. On souffre bien sûr également d’une maladie qui vous rend très[PM1] . Mais j’ai pu m’y résigner entre-temps et ça m’a surtout appris qu’il faut profiter de chaque journée et des petites choses : faire une sortie, aller faire du vélo ou aller se promener… Ces choses toutes simples sont très importantes pour moi. Faites ce que vous aimez faire et ne reportez pas ça à plus tard. Essayez également de rester positive. J’ai bien entendu aussi eu des moins bons jours où je pleurais et où j’étais très sensible, mais ce n’est pas grave, tant qu’on garde un état d’esprit positif : on va s’en sortir, ça va bien se passer. [PM1]Incertaine ??  Voir mot NL  -  vulnérable ?  Ou «qui rend l’avenir incertain ?»

Mon message : Faites vous régulièrement contrôler

Il est crucial de surveiller. Si je n’étais pas allée chez la gynécologue, j’aurais vraisemblablement fini par souffrir à un moment donné et il aurait peut-être été trop tard. Une de mes amies a longtemps attendu et elle avait des métastases. Elle n’ a pas survécu. Le message que je veux donc transmettre aux femmes est : même si vous ne sentez rien, faites vous régulièrement contrôler. Tous les deux ans, c’est suffisant selon les médecins mais continuez à le faire. Car, vous savez, mieux vaut aller voir le docteur trop souvent que trop tard.

Emmy

Emmy a été diagnostiquée d’un cancer de l’ovaire au stade 3C

Emmy a 45 ans. Elle est psychologue et habite à Waregem avec son mari, ses deux adolescents et leur chien, Rachel. On lui a diagnostiqué un cancer de l’ovaire, au stade 3C. Sa devise est carpe diem : elle veut continuer à profiter des petites choses de la vie.

“J'apprécie tout particulièrement les moments simples. Ce sont les petites choses qui me rendent heureuse.“ - Emmy

Diagnostic de la maladie

Le diagnostic a été posé assez tard. Je n’avais en effet aucun trouble, rien. Mais un jour, on était de sortie avec le travail et j’ai commencé à avoir mal dans le bas-ventre. J’ai alors atterri aux urgences mais ils n’ont rien trouvé. Lors d’une seconde hospitalisation d’urgence, ils ont fait des scanners, mais là non plus, on ne voyait rien. Ils ont donc décidé de réaliser une endoscopie chirurgicale et des ponctions, et c’est ainsi qu’on a découvert que j’avais un cancer de l’ovaire.

En parler à la famille

Juste après l’annonce de mon diagnostic, mon fils est rentré et il a demandé : « Tu as le cancer ? Et tu vas mourir ? » J’ai essayé d’être réaliste, mais j’ai également voulu le rassurer un peu : « Je n’espère pas. C’est possible, mais ce n’est pas mon but. Je veux me battre pour notre famille. » On ne sait pas ce qui va arriver. On va devoir avancer pas à pas. Ensemble, en famille. Et on va en trouver la force ensemble. Mais en tout cas, on ne va sûrement pas se dire que ça s’arrête ici.

Emotions & Impact sur la vie quotidienne

Au début, je ne faisais que pleurer toute la journée. Quand on nous apprend qu’on a un cancer, c’est vraiment... Vous savez, mon travail a toujours été un élément important pour moi. Et il faut soudain renoncer à tout, mettre d’un instant à l’autre tout ce qu’on a construit sur pause. Ça a été très difficile. Je sentais en moi-même que j’avais perdu une partie de mon identité.

Force

Heureusement, en tant que psychologue, je connaissais quelques astuces pour faire plus facilement face à la maladie. Ainsi, au moment où le diagnostic a été posé, j’imaginais la maladie comme étant un gros éléphant. Mais j’ai tout de suite su qu’il me faudrait le découper en plusieurs petits éléphants, pour ainsi dire, que je pourrais saisir plus facilement. C’est un conseil que j’aimerais donner aux personnes souffrant de la même maladie. 

 

J’ai ensuite essayé de donner une place à tout ça et j’ai tout mis en ordre. On se prépare ainsi à cette opération, en définitive. Les autres petits éléphants, on verra ça plus tard. 

 

Ils ont d’abord réalisé un debulking : en réalisant une grande incision, ils m’ont enlevé l’utérus, les ovaires, les trompes de Fallope et le péritoine. Je me demande parfois s’il reste encore quelque chose ou si c’est devenu un grand trou.

Travail

Vers l’été, j’ai repris le travail, en ayant un peu peur quand même : Est-ce que j’en suis encore capable? Comment ça va se passer ? Est-ce que je trouverai encore ma place ? C’est une étape à franchir et c’est le cas pour beaucoup de monde. Plus longtemps on est hors circuit, plus c’est dur.

Le conseil d'Emmy

Il vaut mieux consacrer son énergie uniquement aux choses qu’on peut changer. De très nombreuses personnes ruminent : d’où ça vient ? Que s’est-il passé ? Mais on n’obtient pas de réponse à ces questions pour autant. Ne gaspillez donc pas votre énergie à cela.

Avenir

Pour ce qui est de l’avenir, j’ai surtout envie de profiter. Je suis très contente d’être encore là. Ça me traverse parfois l’esprit : « Et si le prochain contrôle amenait une mauvaise nouvelle ? », mais je ne veux pas y penser. Mon désir de vivre est toujours bien présent. L’avenir se trouve pour moi dans les petites choses : poursuivre l’activité physique, passer de chouettes moments en famille... Carpe diem, un peu. J’ai toujours fortement vécu dans le présent, aussi. Mais maintenant, peut-être de manière encore plus intense. Les petits instants me comblent de gratitude : une promenade, un brin de causette, un café, un bon repas... Pour moi, pas besoin que ce soit de grandes choses. Ce sont les petites choses qui me rendent heureuse.

Kathleen

Cancer de l'ovaire métastatique avec récidive

Kathleen a 60 ans, elle habite à Evergem et est mère de deux garçons. Elle a occupé avec plaisir la fonction de travailleuse sociale pendant de nombreuses années. Il y a dix ans, en 2012, on lui a diagnostiqué un premier cancer de l’ovaire métastatique. En 2020, elle a connu une récidive. Il y avait, en 2012 tout comme en 2020, très peu d’informations disponibles en ligne au sujet du cancer de l’ovaire et des autres tumeurs gynécologiques, Kathleen a donc fondé, avec d’autres femmes, Gynca’s, une organisation qui s’adresse aux femmes souffrant de cancers gynécologiques. Kathleen puise sa force dans ses enfants, sa famille et ses amis, son travail pour Gynca’s, son jardin, etc. Elle s’efforce de vivre l’instant présent, sans trop se soucier de l’avenir.

“Ne laissez pas vos inquiétudes pour l’avenir gâcher votre présent. Essayez de vivre l’instant présent et de profiter du meilleur de chaque jour." - Kathleen

Diagnostic et évolution de la maladie

On m’a diagnostiqué un cancer de l’ovaire en 2012. Je venais d’avoir 50 ans. C’était lors d’un examen gynécologique de routine. Je n’avais alors absolument aucun symptôme. Mon cancer était déjà au stade 4. J’ai été traitée avec une opération de cytoréduction et des séances de chimiothérapie et je suis restée en arrêt pendant un an. En 2013, j’ai pu reprendre le travail et j’ai mené une existence relativement normale pendant sept ans. Je devais bien évidemment me faire régulièrement contrôler, le risque de récidive est en effet plutôt élevé avec un cancer de stade 4.

 

Début 2020, un PET-scan a révélé une récidive du cancer de l’ovaire. J’ai alors de nouveau reçu un traitement par chimiothérapie, ainsi qu’un traitement d’entretien. J’ai été traitée jusqu’à fin 2021. En raison de tous les traitements et des substances toxiques dans mon corps, j’ai eu des problèmes rénaux et j’ai été contrainte d’arrêter le traitement d’entretien.

 

Lors du dernier scan, en mars 2022, de nouvelles métastases ont été découvertes. Je dois passer un scanner dans deux à trois mois et selon la vitesse à laquelle les tumeurs se développent, je devrai reprendre une chimiothérapie.

À la recherche d’informations

En 2012, on m’a remis un dossier qui contenait beaucoup d’informations. On pénètre cependant dans un monde dont on ne connaît rien. Je n’avais encore jamais entendu parler du cancer de l’ovaire. Je voulais en apprendre autant que possible. Je me suis donc mise à faire des recherches sur Internet. En 2012, il n’y avait cependant pas beaucoup d’informations disponibles, surtout en néerlandais. J’aime également pouvoir consulter différentes sources et comparer les informations.

 

En 2020, la situation n’avait pas vraiment changé en matière d’informations. C’est la raison pour laquelle nous avons fondé, avec d’autres femmes, Gynca’s, une organisation qui s’adresse aux femmes souffrant de cancers gynécologiques. Pour nous, l’information est très importante. Il y avait un certain nombre de textes intéressants en anglais, que nous avons fait traduire en néerlandais. Plus les personnes sont informées, plus elles peuvent poser des questions et mieux elles comprennent leur situation.

Émotions

Le premier diagnostic fut un véritable choc pour moi, ma vie a été complètement chamboulée. Vous savez que des moments très difficiles vous attendent. Vous avez cependant également l’envie de vous battre : vous voulez réussir, voir vos enfants grandir, reprendre votre travail, continuer à vivre.

 

Les sentiments sont différents en cas de récidive : vous réalisez le caractère temporaire de la vie et vous savez que vous ne pouvez plus lutter aussi bien contre la récidive.

 

 Il est alors très important de réfléchir : comment voyez-vous le temps qu’il vous reste, que pouvez-vous encore faire, de quelle énergie disposez-vous encore pour faire des choses et comment utiliser l’énergie que vous avez de la manière la plus significative pour vous?

Économiser son énergie

La manière dont vous utilisez votre énergie est bien évidemment quelque chose de personnel. Je pense que chacun doit s’efforcer de trouver sa voie : qu’est-ce que je veux encore faire de ma vie et à quoi dois-je renoncer ? Il s’agit de choix que l’on apprend à faire. Je me suis toujours investie socialement et j’ai toujours fait volontiers des choses pour les autres. Je peux encore réaliser cela aujourd’hui, via l’association à but non lucratif Gynca’s. Cela donne également du sens à ma vie et c’est important. Il y a bien évidemment aussi mes enfants avec qui j’essaie de passer autant de bons moments que possible.

Réconfort

Je consacre désormais également mon énergie à un ouvrage que nous développons au sein de Gynca’s, « Troost bij kanker » (Réconfort lors d’un cancer ), dans le but d’apporter du soutien à d’autres personnes atteintes du cancer dans les moments difficiles qu’elles traversent. Les personnes souffrant du cancer devraient se reconnaître dans certains passages du livre. Certaines choses peuvent également sembler familières aux proches, qui trouveront peut-être des clés pour aborder certains sujets.

 

Nous avons également intégré de très beaux dessins à l’ouvrage, les malades, surtout ceux dans un état grave, ne peuvent en effet pas toujours lire longtemps. Il est parfois agréable de regarder quelques images dans un livre. Le dessin qui me touche beaucoup personnellement est celui du long sentier solitaire que l’on doit parcourir à l’annonce du diagnostic. Ce dessin est basé sur un poème de Rûmî : “C’est votre route et seulement la vôtre. D’autres peuvent s’y joindre et marcher avec vous, mais personne ne peut marcher pour vous.”

Force

Où est-ce que je trouve ma force ? Il est difficile de ne donner qu’une seule réponse. J’ai la soif de vivre bien sûr, je veux exister et continuer à exister pour moi, pour mes enfants et pour la vie. Je puise également ma force auprès de mes amis et de mes collègues qui sont présents et qui m’apportent leur soutien. Les choses que je parviens à faire, chaque pas en avant que je fais, comme manger un peu plus ou faire une promenade un peu plus longue, me donnent également de la force. Ce sont des choses qui peuvent vous aider à garder la tête hors de l’eau.

 

Les conversations et les contacts avec d’autres malades aident également. Nous sommes sur un pied d’égalité, puisque nous vivons des expériences similaires. C’est ce qui fait la différence.

 

Je puise aussi ma force ici, chez moi, dans le jardin que j’aime et qui m’offre des trésors à de nombreux moments de l’année : les plantes, des fleurs, les chats qui dorment au soleil dans un coin tranquille, le chat qui se lance à la poursuite d’une mouche, les couleurs, la verdure, un parterre à cultiver... Mon jardin a encore tant de choses à m’offrir !

 

La jolie chanson d’Ernst Jansz, « Luna Luna mijn », me donne également de la force. Cette chanson figure aussi dans notre livre « Troost bij kanker ». Surtout le passage:

 

“ Il y aura des tempêtes

des revers de fortune et des souffrances

et la peur de ce qui va advenir

mais il y aura également énormément de belles choses ”

En parler aux amis et à la famille

J’ai besoin du contact avec autrui, mais ce n’est pas toujours facile. J’ai du mal à contacter les autres, surtout dans ma situation. Mes collègues travaillent encore, mes amis sont encore souvent occupés et j’ai l’impression que je vais les déranger. Le contact est cependant important, j’apprécie donc vraiment quand les gens viennent me demander comment je vais.

 

J’aime aussi parler de banalités, pas uniquement de la maladie, mais aussi du quotidien des autres, de leurs enfants, de leur travail. C’est une manière de continuer à faire partie du monde.

Impact sur la vie quotidienne

Ma vie quotidienne a bien évidemment été impactée par mon cancer de l’ovaire et ma récidive. Il y a les nombreuses consultations, il faut se rendre relativement souvent à l’hôpital, j’ai encore des séances de kiné toutes les deux semaines dans le cadre du lymphœdème, qui peut être une conséquence du cancer gynécologique. Mais se nourrir, organiser sa journée et se dépenser physiquement, c’est une tout autre histoire. Je pense qu’il est important de s’y résigner et s’y adapter. Si on lutte, on risque de gaspiller de l’énergie précieuse, qui pourrait être consacrée à d’autres moments.

Alimentation

Le fait d’être malade a également un impact sur mon alimentation. Il est clair que j’ai moins d’appétit. Pendant un moment, je n’ai rien fait, même si j’avais le sentiment que je devais agir. J’ai donc suivi une formation alimentaire dans une maison d’accompagnement, cela m’a apporté des connaissances importantes, comme le fait de ne plus me laisser guider uniquement par mon envie lorsque je mange, mais de me tourner vers ma raison : consommer des nutriments spécifiques à des moments précis de manière à me constituer une réserve pour les prochains traitements de chimiothérapie.

Travail

Les médecins donnent parfois des conseils clairs par rapport à la reprise du travail, mais ce n’est pas toujours le cas et il faut alors prendre la décision soi-même. Il faut bien réfléchir et étudier la situation : vais-je reprendre le travail ? En suis-je capable ? À quel rythme ? Mon corps pourra-t-il le supporter ? Combien de temps me reste-t-il ? Puis-je tenir financièrement ? Autant d’éléments auxquels vous devez réfléchir. Ça a été difficile pour moi, car j’adorais mon travail. Les services sociaux et les psychologues associés au centre d’oncologie m’ont aidée dans ce choix en passant en revue mes préoccupations et en faisant le raisonnement avec moi.

Voyages

Si vous voulez voyager, vous devez bien réfléchir : que puis-je encore faire, que me permettent mes forces et à quoi dois-je renoncer ? Dans mon cas, il est préférable que je passe la soirée tranquillement dans ma chambre plutôt que de sortir en ville.

Avenir

Comment est-ce que j’envisage l’avenir ? J’espère bien sûr encore vivre de beaux moments au calme. Ce qui m’a beaucoup apaisée par rapport à l’avenir, c’est de déterminer tout ce qui doit être organisé : rédiger mon testament, établir mes dernières volontés, remplir les papiers pour l’euthanasie. Cela m’a apporté une certaine sérénité de réfléchir à cela, de chercher des informations et d’organiser déjà un certain nombre de choses. Mais j’espère tout de même être encore là pour un petit moment et pouvoir profiter de la vie.

 

J’ai un conseil important : laissez l’avenir venir à vous, quel qu’il soit. Ne vous inquiétez pas plus que nécessaire à son sujet. Ne laissez pas vos appréhensions gâcher le présent. Essayez de vivre dans l’instant et de profiter du meilleur de chaque jour.

Petra

Cancer de l'ovaire avec mutation BRCA héréditaire

Petra a 58 ans, est mère de trois enfants et travaillait, avant d’être diagnostiquée, en tant qu’aide-soignante dans une maison de retraite, dans le service pour les personnes atteintes de démence. On lui a diagnostiqué un cancer de l’ovaire en 2019. Six mois plus tard, elle a également appris qu’elle souffrait d’une mutation héréditaire au niveau du gène BRCA2, ce qui augmente les risques de cancers de l’ovaire et du sein. Grâce au soutien de sa psychologue, de sa famille et de ses amis, elle tente de se reconstruire. Elle puise son énergie dans son jardin, dans ses contacts avec les autres et dans la poterie, une passion qu’elle s’est récemment découverte.

“Être gentils et bienveillants envers nous. C’est très important.” - Petra

Évolution de la maladie

Il y a environ trois ans [en 2019], j’ai souffert de très violents maux de ventre. On a d’abord pensé à des problèmes biliaires, mais les médecins n’ont rien trouvé lors des premiers examens. Après différents examens complémentaires, il s’est avéré, quelques mois plus tard, que j’avais un cancer de l’ovaire. Trois semaines après le diagnostic, j’ai subi une opération de cytoréduction, suivie par six traitements de chimiothérapie. À l’issue de ces séances, j’ai eu un traitement d’entretien. Il s’agit d’un médicament que j’ai pris pendant deux ans afin d’éviter la récidive du cancer de l’ovaire pendant un certain laps de temps.

Émotions

Lorsque j’ai eu le diagnostic, je me suis dit : « OK, je suis une parmi tant d’autres, allons-y, je peux le faire, je peux y arriver ». Il y a cependant beaucoup de décisions à prendre au fil du temps. Et même si l’on est bien entourée, seule une personne peut prendre les décisions : vous-même. Il faut tenir compte de cela. Vous parcourez un chemin où vous chutez, vous vous relevez et vous continuez à avancer..

 

Les deux ans de traitement pour réduire le risque de récidive ont été très éprouvants. D’abord parce que j’avais beaucoup de douleurs physiques, mais aussi en raison des troubles dépressifs qui sont apparus au fil du temps : je ne contrôlais plus mon corps, mes pensées, mes sentiments, mon être. La psychologue m’a beaucoup aidée à traverser cette phase.

 

À un moment, nous avions convenu d’une sortie dans une piscine subtropicale avec les enfants et les petits-enfants pour passer une agréable après-midi ensemble. Cela m’a fait prendre conscience du chemin que j’avais parcouru. À un moment, les enfants m’ont dit : « Viens avec nous dans les toboggans ! ». J’ai accepté et je me suis glissée dans un des tubes avec eux. Eau, obscurité, lumière… On est balloté dans tous les sens, et à la fin, on atterrit dans l’eau, au fond de la piscine. On remonte à la surface pour reprendre son souffle et on prend conscience du chemin que l’on a parcouru en tant que patient atteint d’un cancer. On tombe beaucoup, on se relève beaucoup, on est bousculé dans tous les sens, mais on est aussi protégé par un magnifique filet de sécurité. Mais une fois qu’on est enfin sorti du tunnel, on est tout seul. Parce que c’est à nous d’avancer et parce qu’on a beaucoup d’interrogations.

Équipe soignante

Quand on m’a annoncé le diagnostic, j’ai eu le sentiment d’être très bien entourée, aussi bien par les infirmières que par les médecins et les psychologues qui sont là pour constituer votre filet de sécurité. Le gynécologue m’a clairement indiqué ce qui se passait et quel était le traitement envisageable. Mes amis, ma famille et mes enfants ont également été présents. Cela s’est très bien passé. J’ai une très bonne amie qui a été d’un formidable soutien sur le plan médical.

 

La psychologue fut une personne essentielle. Elle m’a permis de m’identifier aux situations. On a peur, on ne comprend pas bien ce qui se passe et chaque phase est différente. Elle m’a permis de comprendre ce qui m’arrivait et de réaliser que c’était normal.

Une mutation BRCA

Environ six mois après le diagnostic, j’ai malheureusement appris que je souffrais d’une mutation héréditaire au niveau du gène BRCA2. J’ai ainsi 50 % de risques de transmettre le gène. Nous en avons parlé de manière très ouverte et franche, aussi bien avec mes enfants qu’avec mes frères et mes parents. Chacun souhaitait se faire tester afin de savoir quel risque planait exactement au-dessus de nos têtes. Cela a eu l’effet d’une véritable bombe. Je dois dire qu’en tant que parent, c’est vraiment quelque chose qu’on voudrait éviter de transmettre à ses enfants.

 

Là encore, la psychologue a été déterminante : elle nous a indiqué à qui nous adresser et comment nous faire accompagner. Cela a été très important.

Impact sur la vie quotidienne

Au début, j’ai essayé de continuer à vivre aussi normalement que possible. J’avais des vacances prévues, je suis partie. Nous avons fait comme si de rien n’était. Lors du traitement de chimiothérapie, il y a des moments où cela n’allait pas. Mais lorsque ça allait, j’ai essayé de vivre aussi normalement que possible. Je cherche maintenant à occuper mon temps, à faire des choses créatives, mais également des activités qui me font du bien.

Force

La poterie est l’une des choses qui me donnent de l’énergie. J’ai commencé il y a environ neuf mois. C’est un réel défi, ça vous donne tellement d’énergie, ça vous apaise, on n’a pas le temps de réfléchir. La seule chose qu’il faut faire, c’est ressentir, suivre l’argile, tenter de lui donner une direction, de la contrôler. Quel bonheur que de mettre les mains dans l’argile, de créer, de relever des défis ! Un nouvel objet à chaque fois : une assiette, une tasse, un bol, grand ou petit. Il s’agit d’un loisir très agréable. Je peux relever tellement de défis, c’est vraiment fantastique.

 

Je puise également de l’énergie dans mon jardin et mon potager où je passe beaucoup de temps - surtout à cette période, mais également dans les contacts sociaux avec mon entourage. C’est très important.

Avenir

Il y a beaucoup de choses négatives, beaucoup d’interrogations. Il faut cependant essayer de lâcher prise, de se détendre, de ne pas angoisser, mais continuer à vivre, à profiter de toutes les petites choses qui viennent à nous, à accepter ce qui arrive et à en faire quelque chose de beau. Et d’être gentils et bienveillants envers nous. C’est très important.

Shauni

Cancer de l'ovaire métastatique

Shauni a 29 ans et habite à Middelkerke avec son mari et sa fille de trois ans. Elle travaille à son compte, en tant qu’esthéticienne. Début 2021, on lui a diagnostiqué un cancer de l’ovaire. Shauni puise l’essentiel de sa force auprès de son mari et de sa fille. Elle s’efforce, avec eux, ainsi qu’avec ses amis et sa famille, de profiter autant que possible de la vie.

“Nous faisons en sorte de toujours aspirer à quelque chose, il est en effet si important de profiter.“ - Shauni

Diagnostic et évolution de la maladie

L’an dernier, on m’a diagnostiqué un cancer de l’ovaire. Cela faisait déjà un an que nous essayions d’avoir un deuxième enfant sans succès et après de fortes douleurs abdominales, je me suis rendue chez mon gynécologue en janvier. Trois jours après avoir consulté mon gynécologue, j’ai vu le professeur [oncologue] et dès lors, tout est allé très vite. J’ai subi beaucoup d’examens à l’hôpital en l’espace d’un mois [janvier] et j’ai commencé la chimiothérapie en mars. J’ai eu 18 séances au total. À l’issue de la chimiothérapie, j’ai eu une IRM, qui a indiqué que je pouvais être opérée [ce qui n’était pas possible après les neuf premières cures]. J’étais très heureuse, bien évidemment. L’opération de cytoréduction s’est très bien passée. J’ai également récupéré rapidement. C’est préférable avec une petite fille à la maison ! J’ai ensuite commencé les inhibiteurs.

 

Lors du premier contrôle, après trois mois, on a découvert que j’avais deux nouvelles métastases. Avec le professeur, nous avons alors décidé d’arrêter les inhibiteurs parce qu’ils ne servaient à rien dans mon cas.

 

Fort heureusement, une étude, à laquelle je participe, a été lancée. Cela fait maintenant trois mois et nous sommes dans l’attente des résultats.

À la recherche d’informations

Le professeur et son équipe nous ont fourni énormément d’informations, ce qui nous a rassurés. Quand on vous annonce que vous avez un cancer métastatique, vous vous dites bien évidemment que vous n’avez plus que six mois à vivre. Ils m’ont cependant rassurée : il existe des traitements et il est aujourd’hui possible de vivre avec le cancer.

 

Nous avons également un groupe Facebook avec d’autres malades, nous pouvons ainsi poser des questions et partager nos expériences. Je ne ressens donc pas le besoin d’aller sur Google pour trouver des informations.

Émotions

À l’annonce du diagnostic, la première chose que l’on ressent, c’est bien évidemment de la panique. J’ai pensé à ma fille, au fait que je voulais la voir grandir. J’ai pensé à mon mari et à tous les gens que j’aime. Le professeur nous a cependant rassurés en nous faisant part des traitements possibles. Nous avons donc commencé à relativiser et à nous efforcer de vivre l’instant présent et de vraiment profiter. De ne pas avoir peur de ce qui va se passer mais de profiter.

Force

Ma fille est bien évidemment ma plus grande force. Je veux être la maman qu’elle mérite. Je veux avancer pour elle, me lever le matin pour l’emmener à l’école, jouer avec elle et être tout simplement là pour elle. Mon mari est également l’une de mes plus grandes forces. Il est formidable. Nous pouvons parler de tout ensemble. Je pense qu’il est très important de pouvoir parler à son partenaire ou à ses proches.

 

Ma famille et mes amis ont également été extrêmement présents pour moi. On dit toujours qu’on reconnaît ses vrais amis dans les moments difficiles. Ce fut positif pour moi, j’ai en effet découvert qu’il y avait beaucoup plus de personnes présentes pour moi que je ne l’aurais pensé.

En parler aux amis et à la famille

Pour les amis et la famille, il est parfois difficile de parler de maladie ou de savoir quoi dire. Je trouve donc qu’il est important d’engager la conversation. Cela aide par exemple de dire: “Je comprends qu’il soit difficile d’en parler”.

Alimentation

Pendant la chimiothérapie, j’ai beaucoup souffert d’altérations du goût, il faut trouver soi-même ce qui passe le mieux en matière d’aliments. Je lis actuellement un ouvrage consacré aux aliments anti-cancer qui contient beaucoup d’informations.

Détente

Pour me détendre, je vais régulièrement me promener avec ma fille. Il y a une plage derrière chez nous. Nous bricolons aussi très souvent ou je sors manger avec des amies. Ce sont de petites choses mais nous en profitons pleinement.

Sport et activité physique

Au début, j’ai essayé de faire du sport par moi-même. Aujourd’hui, je privilégie l’oncoréhabilitation. Il s’agit de toute une équipe de kinésithérapeutes, de diététiciens et de conseillers sportifs. J’ai hâte de pouvoir de nouveau faire de l’activité physique.

Travail

Avant, je travaillais à temps plein, j’avais également une activité secondaire. Ce n’est plus possible aujourd’hui. C’est cependant quelque chose de positif, je consacre désormais beaucoup plus de temps à ma fille, je peux la voir grandir et faire des choses amusantes avec elle.

Avenir

L’avenir, c’est maintenant. Nous essayons vraiment de vivre le moment présent, de profiter dès que nous le pouvons. Nous avons également prévu de faire un safari avec notre fille en fin d’année. Nous avons vraiment hâte. Nous faisons ainsi en sorte de toujours aspirer à quelque chose, il est en effet si important de profiter.

Sara, psychologue clinicienne

Sara est psychologue clinicienne. Elle accompagne des patients atteints de cancer lors du diagnostic, du traitement et du suivi.

“J’apprécie encore davantage la vie, je perçois à quel point elle est fragile, mais également à quel point les êtres humains sont forts et vaillants.” - Sara

Comment et quand les patients atteints de cancer peuvent-ils obtenir du soutien ?

Les patients atteints de cancer peuvent obtenir du soutien de différentes manières, ils ont également besoin de différentes formes de soutien. Ils peuvent bénéficier d’un soutien émotionnel ou pratique. Le soutien peut également varier selon le moment de la maladie. Parfois, une aide pratique est appréciée, comme la préparation des repas pendant le traitement. En revanche, lors du diagnostic, les patients ont davantage besoin de soutien émotionnel. Il est également possible que le soutien doive venir de différentes personnes. Le conjoint s’occupe par exemple de l’aspect pratique, tandis que le soutien émotionnel est assuré par un parent ou une amie.

Comment les patients peuvent-ils trouver un psychologue ?

Nous avons une offre et nous travaillons également en fonction de la demande. Cela signifie que le patient est normalement informé à l’hôpital de l’existence de l’équipe pluridisciplinaire et donc de la présence du psychologue. Les patients doivent nous contacter, mais cette étape constitue encore souvent un obstacle. Nous devons donc veiller, en tant qu’équipe pluridisciplinaire, à ce que les personnes qui ont besoin de notre soutien puissent en bénéficier. Un médecin peut ainsi proposer au patient de s’entretenir une fois avec le psychologue. Il fixe alors un rendez-vous ou contacte le psychologue.

À quel moment de la maladie les patients s’adressent-ils généralement à vous ?

Le moment où les patients s’adressent à nous est très variable. Le diagnostic semble être un moment logique. Lorsque les personnes sont informées du diagnostic, elles sont souvent submergées par les émotions et peuvent s’adresser à nous. Certaines personnes préfèrent cependant se laisser le temps de la réflexion et n’osent pas toujours franchir le pas de consulter un psychologue. Il est alors possible que nous ne les rencontrions que plus tard. Le traitement est un autre moment qui peut secouer les personnes, qui cherchent alors à savoir comment supporter tous les effets secondaires. Elles peuvent faire appel à nous. En réalité, les patients peuvent faire appel à nous à de nombreux moments au cours de la maladie. La fin du traitement n’est pas négligeable, on l’oublie souvent. Lorsque les personnes terminent le traitement et que tout semble derrière elles, alors que ce n’est pas le cas. Malheureusement, des effets secondaires tardifs liés aux traitements se manifestent souvent. De nombreux patients s'adressent donc à nous après le traitement.

Quand intervenez-vous et de quelle manière ? Dans quelle mesure vos conseils peuvent-ils aider le patient ?

Nous déterminons avec les patients comment ils peuvent traiter cette nouvelle réalité. Le cancer s’impose dans leur existence. Ils ne l’ont pas invité, mais ils doivent quand même continuer à vivre. Nous réfléchissons ensemble à ce qu’ils peuvent faire pour cohabiter avec cet hôte. Nous nous lançons ensemble, souvent via des conversations. Nous nous autorisons parfois un peu de folie et nous partons ensemble, littéralement, ou nous prenons du papier et un crayon pour dessiner des choses. Nous ne donnons cependant pas aux patients de véritables conseils sur la manière de vivre avec le cancer, ce sont plutôt les patients qui nous en donnent.

Les patients peuvent-ils venir avec de la famille/des amis ?

Les patients peuvent venir avec de la famille et des amis. Lors du diagnostic, c’est souvent le partenaire le plus proche qui est présent ou un enfant adulte dans le cas de patients plus âgés. Pendant le traitement, on voit également des personnes qui appartiennent à l’entourage du patient. Il est agréable pour lui de ne pas suivre le traitement seul. Les patients ont aussi parfois du mal à venir accompagnés, ils ne veulent pas imposer cette tâche à quelqu’un. Inversement, il est parfois difficile de ne pas pouvoir être présent en tant que proche, parce qu’on travaille, par exemple. Il s’agit donc d’un équilibre difficile, la famille et les amis sont cependant les bienvenus, même chez nous, psychologues.

Si vous deviez donner un conseil aux patients atteints de cancer, quel serait-il ?

Je souhaite avant tout que les patients puissent faire preuve de bienveillance à leur égard, à l’égard de ce qu’ils doivent traverser et à l’égard de la manière dont ils gèrent la maladie. Je souhaite également qu’ils fassent preuve de la même bienveillance pour les personnes qui les entourent et pour leurs conseils parfois insolites, bizarres, qui partent d’une bonne intention, mais qui se révèlent pénibles. Et que la famille et les amis proches adoptent la même bienveillance pour le patient, pour ce qu’il est capable de faire ou non, pour ce qu’il a encore du mal à accomplir ou ce qui lui sera peut-être à jamais inaccessible.

Quel conseil pouvez-vous donner aux patients qui ont du mal à demander de l’aide à un psychologue ?

Je leur dirais que nous, les psychologues, sommes avant tout des personnes comme les autres. Nous ne détenons donc pas la vérité, mais nous souhaitons la rechercher avec eux. De même, le fait de consulter un psychologue n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire, nous remarquons qu’il s’agit d’une force chez les personnes qui osent dire quand ça ne va pas et qu’elles ont beaucoup de ressources. Elles peuvent donc accomplir beaucoup plus qu’elles ne le croient. C’est également le fondement de nos discussions.

En tant que professionnelle de santé, comment vivez-vous l’accompagnement de patients souffrant de cancer ?

Je trouve cela très enrichissant de travailler avec des patients souffrant de cancer, j’apprends en effet à les connaitre sous de multiples facettes. Je ne vois pas seulement le patient, je vois surtout la personne. Et les personnes peuvent apprendre beaucoup les unes des autres. Nous recherchons ensemble comment gérer la maladie, les adieux, la peur et les effets secondaires. Il y a beaucoup à apprendre, pour le patient, pour moi, mais également de l’échange d’expériences. Je trouve que rechercher et gérer les difficultés est un très beau processus. Il me permet d’apprécier encore davantage la vie, je perçois à quel point elle est fragile, mais également à quel point les êtres humains sont forts et vaillants.

1. Le présent témoignage relate l’expérience personnelle d’un patient. Les traitements évoqués correspondent à sa prise en charge individuelle et peuvent inclure des usages non approuvés dans l’UE. AstraZeneca ne recommande ni ne promeut aucune utilisation non approuvée de ses médicaments. Les patients doivent toujours solliciter l’avis de leur professionnel de santé pour toute décision thérapeutique.
2. Le traitement immuno-oncologique mentionné n'est actuellement pas approuvé dans l'Union européenne pour le cancer de l'ovaire.