Tout sur le cancer des voies biliaires
Le cancer des voies biliaires est une forme rare de cancer qui se développe dans les cellules des voies biliaires, de la vésicule biliaire ou de l’ampoule de Vater.
Qu’est-ce que le cancer des voies biliaires ?
Les voies biliaires sont une série de structures tubulaires du corps humain qui transportent la bile du foie à l’intestin grêle. Les voies biliaires commencent par de petits canaux dans le foie, appelés voies biliaires intrahépatiques. Ces canaux se rejoignent dans le canal hépatique commun, qui rejoint ensuite la vésicule biliaire pour former le canal cholédoque. Depuis le canal cholédoque, la bile s’écoule vers le duodénum, où elle aide à digérer les graisses.
La vésicule biliaire est un organe en forme de poire situé sous le foie, dans la partie supérieure de l’abdomen. Le liquide biliaire (généralement appelé bile) est recueilli et stocké dans la vésicule biliaire. La bile favorise la digestion et l’absorption des graisses, et assure également le bon fonctionnement de l’intestin.
L’ampoule de Vater est l’endroit où le tube d’écoulement du canal biliaire, la vésicule biliaire, le tube d’écoulement du foie et le tube d’écoulement du pancréas se déversent dans le duodénum.
Le cancer des voies biliaires
1. Les types de cancer des voies biliaires
Le cancer des voies biliaires (aussi appelé cancer des canaux biliaires ou cholangiocarcinome) se développe dans les petites voies biliaires du foie ou dans les voies biliaires principales qui s’étendent à l’extérieur du foie jusqu’à l’intestin grêle. Il existe différents types de cancer des voies biliaires, en fonction de l’endroit où le cancer se développe dans les voies biliaires.
Les types de cancer des voies biliaires
Cholangiocarcinome intrahépatique : il s’agit d’une forme rare de cholangiocarcinome dans laquelle la tumeur se développe dans les petits canaux du foie. Le cholangiocarcinome intrahépatique peut être difficile à détecter à un stade précoce en raison de l’absence de symptômes précoces.
Cholangiocarcinome extra-hépatique : il s’agit de la forme la plus fréquente de cholangiocarcinome, dans laquelle la tumeur se développe à l’extérieur du foie, dans les voies biliaires. Elle peut se développer dans le canal cholédoque, la partie des voies biliaires qui transporte la bile du foie au duodénum. Il existe deux sous-types de cholangiocarcinome extrahépatique : le cholangiocarcinome extrahépatique distal, dans lequel le cancer des voies biliaires se situe dans la voie biliaire principale à une plus grande distance du foie, et le cholangiocarcinome extrahépatique périhilaire (aussi appelé tumeur de Klatskin), dans lequel le cancer des voies biliaires se situe dans la voie biliaire principale à proximité du foie.
2. Le cancer de la vésicule biliaire
Le cancer de la vésicule biliaire prend naissance dans la muqueuse de la vésicule biliaire, et se propage aux couches externes du tissu au fur et à mesure qu’il se développe.
3. Le carcinome de l’ampoule de Vater
Le carcinome de l’ampoule de Vater est une tumeur rare qui se développe dans l’ampoule de Vater, là où les voies biliaires du foie et du pancréas se rejoignent et pénètrent dans le duodénum.
Références:
Alles over kanker. Galwegkanker. Beschikbaar op: https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/wat-is-galwegkanker
ESMO Patient Guides. Biliary Tract Cancer. Beschikbaar op: https://www.esmo.org/for-patients/patient guides/biliary-tract-cancer
Review. Biliary Tract Cancer. Lancet.2021 Jan 30;397(10272):428-444. doi: 10.1016/S0140-6736(21)00153-7.
Causes et facteurs de risque
Dans la plupart des cas, le cancer des voies biliaires se développe sans cause apparente. Toutes les personnes présentant un ou plusieurs de ces facteurs de risque ne développeront pas la maladie, qui peut également se développer chez des personnes qui ne présentent aucun facteur de risque connu.
Âge
Le cancer des voies biliaires est plus fréquent chez les personnes âgées, en particulier celles de plus de 60 à 65 ans.
Cholangite sclérosante primitive (CSP) et cholangite biliaire primitive (CBP)
Il s’agit de deux maladies chroniques dans lesquelles les voies biliaires s’enflamment et se cicatrisent (fibrose), ce qui peut entraîner un rétrécissement des voies biliaires et un risque accru de cancer des voies biliaires.
Bien que ces affections présentent des caractéristiques cliniques communes, la CSP se caractérise par des lésions des voies biliaires extrahépatiques et intrahépatiques moyennes à grandes, tandis que la CBP cible principalement les petites voies biliaires intrahépatiques. Au fil du temps, l’inflammation et la cicatrisation peuvent entraîner une obstruction des voies biliaires, une diminution du flux biliaire et, à terme, des lésions au foie.
La cause précise de la CSP et de la CBP est inconnue. Ces deux maladies sont considérées comme auto-immunes, c’est-à-dire que le système immunitaire attaque et cause des dommages aux voies biliaires par erreur. La CSP est souvent associée à d’autres maladies auto-immunes, telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). La CSP est plus fréquente chez les hommes et survient généralement à l’âge moyen, bien qu’elle puisse survenir à tout âge. La CBP touche principalement les femmes, bien qu’elle survienne chez les deux sexes. Les chercheurs pensent que la maladie est due à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.
Les patients atteints de CSP ou de CBP sont souvent asymptomatiques. Si des symptômes apparaissent, ceux-ci peuvent varier:

FATIGUE

JAUNISSE
(jaunissement de la peau et des yeux)

DÉMANGEAISONS
(prurit)

DOULEUR OU GÊNE ABDOMINALE

FRISSONS ET FIÈVRE
(en cas d’infection)

PERTE DE POIDS

HYPERTROPHIE DU FOIE OU DE LA RATE

TAUX ÉLEVÉS D’ENZYMES HÉPATIQUES DANS LES ANALYSES DE SANG
Il n’existe actuellement aucun traitement pour la CSP et la CBP, mais des médicaments peuvent ralentir les lésions au niveau du foie, surtout si le traitement commence tôt. Les options de traitement se concentrent sur la prise en charge des symptômes, le suivi de la progression de la maladie et le traitement des complications.
Calculs biliaires
Les calculs biliaires peuvent endommager les voies biliaires, et entraîner une inflammation et une cicatrisation, augmentant ainsi le risque de cancer des voies biliaires. Les calculs biliaires sont généralement constitués de cholestérol, de bilirubine (un déchet issu de la dégradation de l’hémoglobine) et de sels de calcium. Leur taille peut varier, allant d’un grain de sable à une balle de golf. Les calculs biliaires peuvent également varier en nombre, d’un seul à plusieurs calculs. Ils peuvent survenir en cas de déséquilibre dans la composition de la bile, entraînant la précipitation du cholestérol, de la bilirubine ou des sels de calcium.
Calculs biliaires
Il existe plusieurs facteurs de risque de formation de calculs biliaires :
Dans certains cas, les calculs biliaires ne provoquent aucun symptôme et peuvent être découverts par hasard lors d’examens d’imagerie réalisés pour d’autres raisons. Cependant, lorsque les calculs biliaires deviennent symptomatiques, plusieurs symptômes peuvent apparaître :

DOULEUR INTERMITTENTE OU CONSTANTE DANS LA PARTIE SUPÉRIEURE
droite de l’abdomen, pouvant irradier vers le dos ou l’épaule

NAUSÉES ET VOMISSEMENTS

INDIGESTION OU BALLONNEMENT

JAUNISSE
(jaunissement de la peau et des yeux)

FIÈVRE ET FRISSONS
(en cas d’infection de la vésicule biliaire)
Le traitement approprié des calculs biliaires dépend de la pathologie, des symptômes et de l’état de santé général de chaque patient, et doit être déterminé en concertation avec un médecin qualifié.
Kystes cholédociens
Les kystes cholédociens sont très rares. Il s’agit de poches qui se relient aux voies biliaires et se remplissent de bile. Les cellules des poches peuvent devenir anormales. La maladie de Caroli est une affection similaire aux kystes cholédociens. Il s’agit d’une maladie congénitale très rare. Les voies biliaires du foie se dilatent. Cela peut augmenter votre risque de développer un cancer des voies biliaires intrahépatiques.
Douve du foie (fasciolase)
Les douves du foie sont des vers parasites qui envahissent les voies biliaires et augmentent le risque de cancer des voies biliaires. En Belgique, elles ne sont généralement pas à l’origine du cancer des voies biliaires, mais la douve du foie est un problème important en Asie, où le cancer des voies biliaires est beaucoup plus fréquent. On attrape la douve du foie en mangeant des aliments qui en contiennent, comme du poisson cru.
Exposition aux produits chimiques
L’exposition à certains produits chimiques, tels que l’arsenic et les nitrosamines, peut augmenter le risque de cancer des voies biliaires.
Autres facteurs de risque
Autres facteurs de risque susceptibles d’augmenter le risque de cancer des voies biliaires, mais pour lesquels il n’existe pas suffisamment de preuves pour en être certain : cirrhose du foie, infection par le virus de l’hépatite B ou C, surpoids ou obésité, diabète, consommation d’alcool, tabagisme et antécédents familiaux de cancer des voies biliaires.
Références:
Alles over kanker. Symptomen van galwegkanker. Beschikbaar op: https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/symptomen-van-galwegkanker
Cancer Research UK. Bile duct cancer. Symptoms. Beschikbaar op: https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/bile-duct-cancer/symptoms
Review. Biliary Tract Cancer. Lancet.2021 Jan 30;397(10272):428-444. doi: 10.1016/S0140-6736(21)00153-7
Symptômes
Le cancer des voies biliaires ne provoque généralement pas de symptômes évidents à un stade précoce. La plupart des symptômes sont liés à une obstruction des voies biliaires due à la pression exercée par la tumeur, par exemple, et ils surviennent souvent à un stade plus avancé.
En cas de cancer des voies biliaires, les symptômes dépendent de la localisation de la tumeur. En cas de lésion de la voie biliaire principale, la sténose des voies biliaires entraîne une jaunisse, des urines foncées et des selles pâles. Si seules les voies biliaires du foie sont touchées, les symptômes sont moins évidents.
En cas de cancer de la vésicule biliaire, les symptômes peuvent être similaires à ceux d’une colique biliaire (douleur ou lourdeur du côté droit sous les côtes). Cette douleur s’accentue une demi-heure après avoir mangé et peut devenir très intense. Elle peut également irradier vers le dos et l’épaule droite.
Dans le carcinome de l’ampoule de Vater, les symptômes peuvent être très similaires à ceux du cholangiocarcinome extrahépatique.
Les symptômes les plus fréquents sont les suivants :

PEAU JAUNE ET BLANC DES YEUX JAUNE (JAUNISSE)
lorsque la bile ne peut plus s’écouler

DOULEUR DANS LA PARTIE SUPÉRIEURE DE L’ABDOMEN
juste sous les côtes

DÉMANGEAISONS SUR TOUT LE CORPS

SELLES DE COULEUR CLAIRE

URINES FONCÉES

PERTE DE POIDS INEXPLIQUÉE

DIMINUTION DE L’APPÉTIT

NAUSÉES ET VOMISSEMENTS

FIÈVRE

FATIGUE
Ces symptômes peuvent être causés par le cancer des voies biliaires, mais aussi par de nombreuses autres affections ou maladies. Il est donc important de consulter votre médecin traitant si vous observez des symptômes similaires.
Referenties:
Alles over kanker. Symptomen van galwegkanker. Beschikbaar op: https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/symptomen-van-galwegkanker
Cancer Research UK. Bile duct cancer. Symptoms. Beschikbaar op: https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/bile-duct-cancer/symptoms
Review. Biliary Tract Cancer. Lancet.2021 Jan 30;397(10272):428-444. doi: 10.1016/S0140-6736(21)00153-7
Diagnostic
Le diagnostic du cancer des voies biliaires repose généralement sur les résultats d’un examen clinique de l’abdomen, d’examens d’imagerie par ultrasons, d’une imagerie par résonnance magnétique (IRM) ou d’une TDM, et d’une biopsie. Des examens complémentaires permettent de déterminer le degré d’évolution du cancer (le « stade »). Par exemple, une IRM des voies biliaires, une TDM du thorax et une échographie des ganglions lymphatiques sont souvent utilisées pour déterminer le degré de propagation du cancer.
Le cancer des voies biliaires peut être découvert par hasard, lorsque le médecin voit la tumeur sur une échographie ou une tomodensitométrie (TDM) qui a été réalisée pour une autre raison. En cas de symptômes pouvant être causés par un cancer des voies biliaires, le médecin généraliste vous posera des questions sur vos symptômes et vous examinera ensuite. Si une anomalie des voies biliaires est suspectée et/ou si la cause des symptômes ne peut être trouvée, le médecin généraliste vous adressera à un interniste (médecin spécialisé dans les organes internes), à un gastroentérologue (médecin spécialisé dans le système gastro-intestinal) ou à un hépatologue (médecin spécialisé dans le foie, la vésicule biliaire et les voies biliaires).
Analyse de sang
Le cancer des voies biliaires peut provoquer plusieurs changements dans le sang qui peuvent être détectés par des analyses de sang :
Les résultats de ces tests sanguins ne sont pas déterminants pour le diagnostic du cancer des voies biliaires, et le diagnostic définitif peut nécessiter des examens d’imagerie, telles qu’une TDM, une IRM ou des procédures endoscopiques. Une évaluation approfondie par un médecin qualifié est nécessaire pour un diagnostic et un traitement appropriés du cancer des voies biliaires.
Examens par imagerie médicale
Échographie
L’échographie utilise des ondes sonores à haute fréquence pour créer des images des organes et des tissus internes du corps. Les ondes sonores sont transmises par un appareil manuel appelé transducteur, qui est placé sur la peau et déplacé sur la zone à examiner. L’échographie est un examen d’imagerie sûr et indolore qui n’utilise pas de rayonnement ionisant, ce qui en fait un outil utile pour le diagnostic et le suivi d’un grand nombre d’affections médicales. L’échographie permet de voir clairement la vésicule biliaire, le foie et les voies biliaires. Dans le cancer des voies biliaires, on observe généralement une dilatation des voies biliaires due à la tumeur.
La procédure d’échographie comprend les étapes suivantes:
TDM et IRM
Les TDM et les IRM sont deux examens d’imagerie qui produisent des images détaillées de l’intérieur du corps, mais elles utilisent des technologies différentes.
La TDM est généralement plus rapide que l’IRM : l’examen complet ne dure généralement que quelques minutes. L’IRM, quant à elle, peut durer 30 minutes, 1 heure ou plus. La TDM et l’IRM utilisent toutes deux des produits de contraste, des substances injectées dans le corps pour rendre certains tissus ou structures visibles. Les produits de contraste utilisés pour la TDM et l’IRM sont différents, et certains patients peuvent présenter une réaction allergique à un type de produit de contraste et pas à un autre.
En résumé, la TDM et l’IRM ont toutes deux des avantages et des inconvénients, et le choix de l’examen d’imagerie dépend de l’état de santé, du type de tissu à imager, et d’autres facteurs tels que l’exposition aux rayonnements et les coûts. Un professionnel de la santé peut aider à déterminer l’examen d’imagerie le plus approprié.
Cholangiographie
La cholangiographie est un examen d’imagerie diagnostique qui permet de visualiser les voies biliaires et de détecter toute anomalie ou obstruction. Cet examen peut être utile pour diagnostiquer un cancer des voies biliaires, car il permet de visualiser les voies biliaires et de détecter des tumeurs cancéreuses ou d’autres anomalies.
Il existe différents types de cholangiographies : la cholangio-pancréatographie par résonance magnétique (CPRM), la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) et la cholangiographie transhépatique percutanée (CTP).
La CPRM est un examen d’imagerie non invasif qui utilise l’IRM pour produire des images détaillées des voies biliaires et des tissus environnants. Dans le cas d’un cancer des voies biliaires, la procédure de CPRM comprend les étapes suivantes :
La CPRE est un examen invasif au cours duquel un tube fin et flexible muni d’une caméra et d’une lumière à son extrémité, appelé endoscope, est introduit par la bouche dans l’intestin grêle. Un colorant est ensuite injecté dans les voies biliaires par l’intermédiaire de l’endoscope, ce qui permet de visualiser les voies sur la radiographie.
Dans le cas d’un cancer des voies biliaires, la procédure de CPRE comprend les étapes suivantes :
Si des anomalies sont détectées au cours de la CPRE, une biopsie peut être effectuée à l’aide d’un petit instrument passé à travers l’endoscope. Des procédures thérapeutiques peuvent également être pratiquées, comme l’extraction d’un calcul biliaire ou la pose d’un stent pour maintenir les voies biliaires ouvertes.
La CPRE est généralement réalisée en ambulatoire et vous pouvez rentrer chez vous le jour même. Cependant, comme toute procédure médicale, la CPRE comporte certains risques, tels qu’un saignement, une infection ou une perforation des voies biliaires.
À l’aide d’une échographie, le médecin introduit une aiguille creuse dans les voies biliaires depuis la paroi abdominale, injectant le produit de contraste directement dans les voies biliaires. Ces dernières et toute occlusion éventuelle sont ainsi visibles sur les radiographies.
Dans le cas d’un cancer des voies biliaires, la procédure de CTP comprend les étapes suivantes :
Le choix du type de cholangiographie à utiliser dépend de plusieurs facteurs, tels que l'état de santé général du patient, la localisation suspectée d'éventuels blocages ou anomalies et la préférence de l'équipe médicale.
Examen pathologique et moléculaire du tissu
L'examen anatomopathologique et l'examen moléculaire d'une tumeur sont deux méthodes d'obtention d'informations sur une tumeur, mais ils diffèrent par la manière dont ils sont effectués et les informations qu'ils fournissent.
La pathologie consiste à examiner la tumeur au microscope pour déterminer à quoi ressemblent les cellules, à quelle vitesse elles se développent et si elles sont invasives. Cela se fait généralement en prenant une biopsie ou une excision chirurgicale de la tumeur. Le but de l'examen pathologique est d'établir le diagnostic de la tumeur et d'obtenir des informations sur la nature et la gravité de la maladie.
La recherche moléculaire d'une tumeur, quant à elle, examine les propriétés génétiques et moléculaires des cellules tumorales. Cela peut aider à identifier des changements génétiques spécifiques dans la tumeur qui peuvent aider à déterminer les meilleures options de traitement. Par exemple, la recherche moléculaire peut aider à identifier la présence de certaines mutations qui peuvent être traitées avec des thérapies ciblées, ou déterminer le pronostic de la maladie.
En général, l'examen moléculaire peut fournir des informations plus détaillées sur la tumeur au niveau génétique, tandis que l'examen pathologique fournit plus d'informations sur la structure et la morphologie des cellules tumorales. Cependant, les deux types de recherche peuvent être inestimables pour établir le diagnostic et déterminer la meilleure stratégie de traitement pour le patient.
Références :
Alles over kanker. Beschikbaar op: https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/onderzoeken-en-diagnose-van-galwegkanker Cancer
Research UK. https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/bile-duct-cancer/getting-diagnosed/tests-diagnose
www.esmo.org/content/download/266801/5310983/1/EN-Biliary-Tract-Cancer-Guide-for-Patients.pdf
Stades de la maladie
Le cancer des voies biliaires est stratifié en fonction de la taille de la tumeur, de sa propagation aux ganglions lymphatiques et de sa propagation au foie, aux poumons ou à d’autres parties du corps. Ces informations sont utilisées pour déterminer le meilleur traitement. Dans le cas d’un cancer des voies biliaires, la stadification est généralement basée sur l’IRM des voies biliaires et la TDM du thorax.
Les stades permettant de déterminer l’étendue et la propagation du cancer sont décrits par une série de lettres et de chiffres. Pour le cancer des voies biliaires, on distingue quatre stades, numérotés de I à IV. En général, plus le stade est bas, meilleur est le résultat (ou le pronostic) pour le/la patient(e).
Stade I
Le cancer est confiné aux voies biliaires et ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques ou aux organes voisins. Le principal traitement au stade I est la chirurgie. L’objectif de la chirurgie est d’éliminer le tissu cancéreux et les ganglions lymphatiques avoisinants pouvant contenir des cellules cancéreuses. Après l’intervention, des traitements complémentaires (adjuvants) peuvent être utilisés pour tuer les cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive.
Stade II
Le cancer s’est développé et peut avoir affecté les tissus voisins, mais il ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques voisins ou à des organes éloignés. Le traitement au stade II consiste également en une chirurgie, mais l’intervention peut être plus importante que pour le cancer au stade I. Au cours de l’intervention, la partie affectée du canal biliaire peut être retirée, ainsi que tout organe ou tissu voisin affecté par le cancer. Dans certains cas, une résection du foie peut être nécessaire pour enlever une partie du foie affectée par le cancer. Après l’intervention, des traitements complémentaires peuvent être utilisés pour tuer les cellules cancéreuses restantes et réduire le risque de récidive. Ces traitements peuvent également être utilisés avant l’intervention (néoadjuvant) pour réduire la tumeur, de sorte qu’elle puisse être plus facilement retirée par voie chirurgicale.
Stade III
Le cancer s’est propagé aux organes ou aux tissus voisins et peut également s’être propagé aux ganglions lymphatiques. Les principales options de traitement au stade III sont une combinaison de chirurgie, de traitement systémique et éventuellement de radiothérapie. Pour certaines personnes atteintes d’un cancer des voies biliaires de stade III, la chirurgie peut encore être une option, mais elle peut être plus importante que pour les stades antérieurs. Lors de l’intervention, la partie affectée du canal biliaire peut être retirée, ainsi que tout organe ou tissu voisin affecté par le cancer. Dans certains cas, une résection du foie peut également être nécessaire. Si la chirurgie n’est plus possible en raison d’une propagation trop importante du cancer, un traitement systémique peut être administré. Dans certains cas, la radiothérapie peut être utilisée pour soulager les symptômes tels que la douleur, la jaunisse ou les démangeaisons dues au cancer.
Stade IV
Le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps, comme le foie, les poumons ou les os. Les options de traitement au stade IV sont des traitements systémiques : chimiothérapie, traitement ciblé ou immunothérapie. Ces différentes formes de traitement systémique peuvent être utilisées comme traitement palliatif pour contrôler la croissance de la tumeur, soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie.
Le système de classification TNM
Le système de classification TNM pour le cancer des voies biliaires prend en compte les éléments suivants :
Le système de classification TNM fournit un tableau détaillé du degré de propagation du cancer des voies biliaires et donne aux médecins une idée du pronostic de la maladie. Mais pour le traitement, les médecins utilisent souvent un système plus simple basé sur la possibilité ou non d’enlever le cancer par chirurgie (résection) :
Les cancers résécables sont des cancers dont les médecins pensent qu’ils peuvent être complètement enlevés par chirurgie.
Les cancers non résécables se sont propagés trop loin ou se trouvent à un endroit trop difficile pour pouvoir être complètement enlevés par chirurgie.
Le stade est important pour déterminer la bonne approche thérapeutique du cancer des voies biliaires. En général, la plupart des cancers au stade I et II, et éventuellement certains cancers au stade III, sont résécables, tandis que la plupart des tumeurs des stades III et IV sont non résécables. Mais cela dépend également d’autres facteurs, tels que la taille et la localisation du cancer, et le fait que la personne soit en assez bonne santé pour se soumettre à une chirurgie.
Références :
Alles over kanker. Beschikbaar op: https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/onderzoeken-en-diagnose-van-galwegkanker
Cancer Research UK. https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/bile-duct-cancer/getting-diagnosed/tests-diagnose
www.esmo.org/content/download/266801/5310983/1/EN-Biliary-Tract-Cancer-Guide-for-Patients.pdf
Traitements
Différents spécialistes discutent ensemble de la meilleure façon de traiter votre maladie. Cela se fait dans le cadre de la consultation oncologique multidisciplinaire (COM). Pour choisir le traitement, les médecins tiennent surtout compte du stade de la maladie, de la localisation de celle-ci et de votre état de santé. En concertation avec vous, le médecin détermine ensuite le traitement.
Le traitement proposé peut viser :
Chirurgie
Chimiothérapie
Radiothérapie
Traitement ciblé
Immunothérapie
Drainage biliaire/de la vésicule
Soins palliatifs, soins de soutien et euthanasie
Études cliniques
Chirurgie
La chirurgie est souvent le traitement de première intention du cancer des voies biliaires si celui-ci est localisé et peut être complètement enlevé. Le type d’intervention chirurgicale dépend de la localisation du cancer, mais peut impliquer une ablation totale ou partielle des voies biliaires, de la vésicule biliaire ou d’une partie du foie.
Demandez au chirurgien ou au médecin traitant à quelle fréquence la chirurgie est pratiquée dans votre hôpital.
Le type d’intervention chirurgicale dépend de la localisation du cancer dans les voies biliaires. Par exemple, si le cancer se trouve dans le canal cholédoque, une intervention, appelée procédure de Whipple, peut être réalisée. La tête du pancréas, le duodénum, une partie de l’estomac, le canal cholédoque et la vésicule biliaire sont retirés. Si le cancer se trouve dans les voies biliaires intrahépatiques, une hépatectomie partielle peut être pratiquée. Cela implique l’ablation d’une partie du foie avec le tissu cancéreux. Dans certains cas, une chimiothérapie ou une radiothérapie peut être utilisée avant ou après l’intervention pour réduire la tumeur ou tuer les cellules cancéreuses restantes.
Si la tumeur est située dans le foie ou à proximité, le médecin devra retirer une partie du foie. Les patients en bonne santé et dont le foie fonctionne bien peuvent perdre jusqu’à 70 % du tissu hépatique. Le tissu hépatique se régénère après l’intervention chirurgicale. Après environ trois semaines, la capacité du foie peut être entièrement rétablie. Votre état général et l’apparition ou l’absence de complications influencent la vitesse de guérison. Cette intervention chirurgicale, appelée hémi-hépatectomie, est une intervention importante. En plus de la partie du foie, le médecin retire également les ganglions lymphatiques autour de la vésicule biliaire et des voies biliaires.
Dans le cas des tumeurs de Klatskin (ou cholangiocarcinome extrahépatique périhilaire), il est nécessaire d’établir une nouvelle connexion entre les voies biliaires et l’intestin. Cette nouvelle connexion est appelée anastomose.
Les effets secondaires les plus fréquents d’une intervention chirurgicale sont les suivants :
Votre médecin vous informera de ces effets secondaires et vous dira également comment les éviter ou les minimiser. Si vous avez des douleurs ou présentez des symptômes, informez-en votre médecin dès que possible afin qu’il puisse vous aider.
Pour plus d’informations sur la chirurgie oncologique, consultez le site Web Chirurgie | Fondation contre le Cancer.
Chimiothérapie
La chimiothérapie utilise un ou plusieurs des nombreux médicaments existants pour détruire les cellules cancéreuses et les empêcher de se multiplier. Elle peut être administrée par voie orale (sous forme de comprimé) ou directement dans une veine (par un cathéter) par l’intermédiaire d’un baxter (une perfusion). La chimiothérapie est administrée à l’hôpital en un ou plusieurs cycles.
Elle peut être utilisée en monothérapie ou en association avec d’autres traitements :
Les effets secondaires les plus fréquents de la chimiothérapie sont les suivants :
La plupart de ces effets secondaires sont temporaires et disparaissent après la fin du traitement. Votre équipe soignante vous aidera à prévenir ou à contrôler ces effets secondaires.
Pour plus d’informations sur la chimiothérapie, consultez le site Web Chimiothérapie | Fondation contre le Cancer.
Radiothérapie
Ce traitement utilise des rayons X à haute énergie pour tuer les cellules cancéreuses. La radiothérapie peut être utilisée seule ou en association avec d’autres traitements. La radiothérapie externe est généralement utilisée pour traiter le cancer des voies biliaires. Cela signifie qu’une machine de radiothérapie est utilisée pour diriger les rayonnements vers le cancer. Cependant, la radiothérapie n’est pas un traitement courant du cancer des voies biliaires. Elle peut être choisie si une intervention chirurgicale n’est pas possible ou pour contrôler les symptômes causés par la tumeur primitive ou les métastases du cancer.
La radiothérapie peut être utilisée seule ou en association avec d’autres traitements :
Les effets secondaires de la radiothérapie sont en partie généraux et en partie dépendants de l’endroit irradié.
Pour plus d’informations sur la radiothérapie, consultez le site Web Radiothérapie | Fondation contre le Cancer.
Traitement ciblé
Les traitement ciblés (également appelées « targeted therapy ») inhibent la multiplication des cellules cancéreuses en bloquant les protéines anormales formées par certaines mutations (modifications de l’ADN). Par ailleurs, les traitements ciblés peuvent bloquer plus spécifiquement certaines protéines importantes pour la survie de la tumeur, épargnant ainsi les cellules saines. Les inhibiteurs de kinase constituent l’un des traitements ciblés utilisés dans le cancer des voies biliaires.
Les kinases sont des protéines situées à la surface ou à proximité de la surface d’une cellule qui transmettent des signaux importants au centre de contrôle de la cellule. Les inhibiteurs de kinase bloquent plusieurs protéines kinases qui favorisent normalement la croissance des cellules tumorales.
Les effets secondaires les plus fréquents des traitements ciblés sont les suivants :
Votre médecin peut vous aider à prévenir ou à contrôler la plupart des effets secondaires associés aux traitements ciblés. N’hésitez pas à contacter votre médecin.
Pour plus d’informations sur les traitements ciblés, consultez le site Web Traitements ciblés | Fondation contre le Cancer.
Immunothérapie
L’immunothérapie est une option de traitement relativement nouvelle pour le cancer des voies biliaires. Elle consiste à stimuler le système immunitaire de l’organisme pour qu’il attaque et détruise les cellules cancéreuses. Alors que les traitements traditionnels (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, etc.) ciblent directement la tumeur, les immunothérapies agissent de manière indirecte, à savoir en activant le système immunitaire contre le cancer.
Vous trouverez plus d’informations sur l’immunothérapie sur le site Web Immunothérapie | Fondation contre le Cancer
Les effets secondaires les plus fréquents de l’immunothérapie sont les suivants :
Contactez votre équipe soignante si vous observez ces symptômes ou s’ils s’aggravent. Si vous intervenez rapidement, ces effets secondaires peuvent être traités correctement.
Drainage biliaire/de la vésicule
Le drainage biliaire est une procédure médicale qui permet d’éliminer un blocage ou une obstruction des voies biliaires, les tubes qui transportent la bile du foie et de la vésicule biliaire vers l’intestin grêle pour la digestion. Un drainage des voies biliaires peut être nécessaire si celles-ci sont obstruées pour diverses raisons, par exemple un cancer des voies biliaires, des calculs biliaires, des sténoses, des tumeurs ou d’autres affections. Différentes techniques peuvent être utilisées pour drainer les voies biliaires, en fonction de la localisation et de la cause de l’obstruction. Voici quelques méthodes courantes de drainage biliaire :
Le drainage biliaire peut soulager les symptômes de l’obstruction des voies biliaires, comme la jaunisse (jaunissement de la peau et des yeux), les douleurs abdominales et la fièvre. Il peut également être pratiqué comme mesure palliative en cas de cancer avancé des voies biliaires afin d’améliorer la qualité de vie. L’approche et la technique spécifiques de drainage des voies biliaires dépendent de l’état de chaque patient et de l’expertise de l’équipe soignante.
Soins palliatifs (soins de support) et euthanasie
Les soins palliatifs ou soins de support et l’euthanasie sont tous des approches de soins pour les patients atteints d’une maladie avancée ou en phase terminale, mais leurs objectifs et méthodes sont différents.
Études cliniques
Les études cliniques permettent d’étudier de nouveaux traitements contre le cancer ou de nouvelles associations de traitements avant qu’ils ne soient approuvés et utilisés à grande échelle. Il est parfois possible de participer à ces études cliniques et d’avoir ainsi accès à des traitements qui sont encore en cours de développement. Toutefois, cela peut également présenter des risques potentiels. Il est important d’évaluer vos choix, et de discuter ouvertement et honnêtement avec votre médecin avant de décider de participer à une étude clinique.
Pour plus d’informations sur les études cliniques, consultez le site Web Essai clinique et traitements expérimentaux | Fondation contre le Cancer.
Références
https://www.allesoverkanker.be/galwegkanker/behandeling-van-galwegkanker
https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/bile-duct-cancer/treatment
www.esmo.org/content/download/266801/5310983/1/EN-Biliary-Tract-Cancer-Guide-for-Patients.pdf
Review: How I treat biliary tract cancer. https://www.esmoopen.com/article/S2059-7029(21)00340-9/fulltext. DOI: https://doi.org/10.1016/j.esmoop.2021.100378
Chiffres relatifs au cancer des voies biliaires
Le cancer des voies biliaires est relativement rare, représentant moins de 1 % de tous les cas de cancer chez l’homme. Il est le plus souvent diagnostiqué chez les personnes âgées de 60 à 70 ans et touche un peu plus d’hommes que de femmes. En Belgique, environ 600 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.